Je continue de réaliser mes rêves 🥰

Partie dans le Mondulkiri, à l’est du Cambodge, avec un plan en tête, celui de voir un éléphant, mon planning initial a capoté, pour me combler d’autant plus.

Rencontre avec une éléphante

Princess arrive. Majestueuse. Imposante. Elle fait la belle, se montre à nous. Elle passe devant nous puis revient. Elle attend. Les bananes. Que nous lui offrons avec plaisir, directement dans la bouche. Pas de dents pour risquer de nous croquer. Et si la banane n’est pas bien positionnée, la voici qui la redirige de sa trompe.

Horn, son propriétaire, regarde nos airs ébahis et s’en amuse. Voilà près de trente cinq ans qu’il la choît, sa princesse.

De sa trompe, Princess casse une branche afin de chasser les insectes qui l’importunent. Va-et-vient du plumeau. Quelques coups à gauche et à droite, et au-dessus de la tête. Entre les pattes aussi. Les oreilles battent, parfois en rythme.

La voici maintenant qui gratte le sol de sa patte. De sa trompe, elle récupère la poussière de la terre pour se la jeter sur le dos afin de se protéger du soleil.

Elle est belle.
Maintenant, Princess tire sur une racine avec sa trompe. Et l’arrache du sol. Quelle puissance ! Qui peut porter jusqu’à deux cent kilos. Et, semble-t-il, quel délice !

Elle a l’air de s’amuser. Nous sommes sur son terrain de jeu.
Sa peau semble trop grande pour elle avec ces nombreux pli. Ce cuir épais et ces poils drus la protègent. Sa queue est rigolote. Et cette trompe, magique.

Nous la laissons à ses occupations pour nous délecter d’un délicieux repas préparé par Horn, un bunong, selon leurs mœurs. Cuisson des légumes dans un bambou, creusé sur une quarantaine de centimètre. Brochettes de poisson et poulet, également improvisées grâce à des bambous, taillés en fonction. Le tout sur feu de bois, dans la forêt, au bord de la rivière. Nos verres d’eau sont, bien sûr, en bambou.

L’après-midi, nous retrouvons Princess pour son bain. Un éléphant peut vivre jusqu’à deux cent ans grâce au bain quotidien, qui lui permet d’enlever les tiques et autres parasites. Contre cinquante ans à l’état sauvage.
Elle rejoint un de ses camarades dans la rivière. L’eau fuse. Accroupis, leur trompe ressort plus loin pour leur permettre de respirer.

Diana y Federico, deux espagnols, et le propriétaire de l’éléphant

Horn nous propose de monter sur le dos de Princess. Pas de panique, il n’y a pas de maltraitance derrière cet acte ! Un éléphant peut
supporter 120 kilos sur le dos et 2 tonnes sur le cou. C’est en cela qu’il y a parfois maltraitance, lorsque le poids de la charge (d’un panier à porteur par exemple) est positionné sur le dos. C’est-à-dire que ce poids, trop lourd, va peser sur la colonne vertébrale et c’est cela qui détruit l’éléphant. Imaginez-vous un instant à sa place… Le cou, quand à lui, est très résistant. Certains éléphants sont utilisés dans les champs, à l’image de nos bœufs et chevaux autrefois.

Nous sommes fiers. Un peu moins lorsque le terrain est instable. La balade n’a duré que le temps de la sortie de la rivière mais nous sommes ravis.
Récompense en bananes et bambous pour Princess et son camarade. Et pas besoin d’aide pour casser la branche et ne manger que les feuilles.

Et voilà déjà une nouvelle couche de terre sur le dos et le balai de la trompe munie d’une branche qui reprend.
Nous observons l’éléphant, ce mâle, plus grand que Princess, d’une couleur plus brune, contre plus de gris pour la femelle. Ses défenses, cet ivoire, sont coupées afin qu’il ne s’accroche pas aux bois.

Les propriétaires raccompagnent leur éléphant dans leur partie de la jungle. Près de 1000 hectares pour trois éléphants.
Quelles majestés !

Dans le village de Putang, l’entraide est de mise. Nicolas, ce français d’origine, est devenu cambodgien. Il tient de charmants bungalows au « Damrey So », qui signifie « éléphant blanc ». C’est une très bonne adresse. Le repas est toutefois un peu cher pour un petit budget, mais vos papilles vous remercient de cet écart. Le lieu est convivial et donne l’occasion d’en apprendre plus sur la culture khmère et bunong.
Nicolas me détourne d’un chemin peu commode : celui de vouloir faire ma sortie éléphant avec l’ONG présente en masse à Saen Monourom et qui ne reverse pas de part à la population locale. Contre celui d’aider des locaux dans leur vie quotidienne et dans leur esprit d’entraide, qui ont installé un pot commun pour aider les familles, victimes d’un accident de la route par exemple. Cette ONG qui propose des gros groupes auprès des éléphants, contre 2 ou 3 avec les propriétaires de ce village. Cette même organisation qui essaye d’instaurer le monopole des treks-éléphants sous couvert d’être une ONG.

C’est donc, dans ce petit village où j’ai atterri par hasard, en quête de calme, de tranquillité et de nature, au paysage rougit par la poussière de la latérite qui couvre les routes, que j’ai pu rencontrer des éléphants domestiqués et bien-traités.
Et c’est également ici que j’ai réalisé un autre de mes rêves : proposer de l’éducation à la santé à des enfants. En anglais. Qui l’eut cru !

L’école des volontaires

Petite photo en attendant les retardataires

J’ai migré sur la colline afin de profiter du Homestay en échange des cours du soir.
Vanleang est utopique mais il a raison. Il a construit son école du soir voilà seulement deux mois (il l’a délocalisée afin qu’elle soit plus centrale pour les enfants). Son but est de proposer des cours du soir d’anglais afin de donner la chance aux enfants du village de pouvoir en sortir, de trouver un travail hors de la campagne, et pourquoi pas un travail intellectuel.

Vanleang

Il est aidé de volontaires, pour la plupart étrangers, pour l’achat des matériaux et la construction de la classe et pour l’enseignement. Il me raconte que sa mère lui donnait de l’argent pour s’acheter le petit-déjeuner et qu’il a préféré mettre cet argent de côté pour s’offrir quelques cours d’anglais afin d’avoir les bases.
Au Cambodge, les enfants ne vont à l’école que par demi-journées. Les petits le matin et les plus grands l’après-midi. L’école primaire est obligatoire à partir de six ans et va jusqu’à douze ans (notre équivalent de la classe de sixième). Ce système de demi-journées permet une scolarisation de cent pour cent des élèves (contre environ soixante dix pour cent pour le Vietnam et le Laos qui proposent des journées entières). En effet, les enfants ont le temps d’aider leurs parents à la maison avant où après la classe, ce qui les « autorise » à aller à l’école. Les enfants ont bien sûr des cours d’anglais à l’école. Cette école du soir est un plus.
Le terrain devant la maison de Vanleang fait office de terrain de jeu avant le début de la classe. Certains sont venus à pied, d’autres en vélo, d’autres encore à trois sur un scouter.

À 17h30, devant un magnifique coucher de soleil, les élèves s’installent. Ils sont en moyenne une quarantaine mais le nombre varie. Ils ont entre sept et quinze ans et il y a parfois des adultes. Je me présente et nous commençons la classe.

Et c’est ainsi que j’ai proposé trois séances, en anglais, à des enfants cambodgiens. Le premier soir, nous avons abordé les parties du corps, puis les autres soirs nous avons parlé du brossage des dents, du « trop de sucre », de l’hygiène des mains et de l’hygiène d’une manière générale, entre autres.
Le premier enfant que j’ai rencontré au Cambodge avait des caries. J’en ai croisé plusieurs autres sur mon chemin. Mes déambulations m’ont emmenées plusieurs fois à la sortie de l’école où les enfants se ruent sur les marchands de bonbons, glaces et autres sucreries. Et en font de même aux intercours… L’hygiène des mains n’est pas toujours évidente, parfois faute de moyens.
Les cours ne sont pas forcément faciles pour moi, je nécessite l’aide de Vanleang pour la traduction de certains mots. La différence d’âges fait que les plus grands peuvent un peu chahuter en attendant que les plus jeunes aient fini d’écrire. Mais ils peuvent aussi les aider dans la prise de notes et dans l’échange des connaissances.

Un soir, il y a eu une coupure d’électricité, comme c’est souvent le cas ici. Alors, chacun a sorti sa lampe torche et le cours a continué comme si de rien n’était.
Nous leur avons offert du dentifrice. Chaque enfant m’a chaleureusement remercié : les mains jointes, un signe de tête, un « thank you » sincère.
Je leur ai dis aurevoir, contente d’avoir pu échanger avec eux et, en tant que jardinière de la santé, d’avoir pu proposer quelques graines à ces enfants, toujours dans l’espoir que de nombreux arbres pousseront.

Quand on aime on ne compte pas

Vendredi 24 janvier. Je retrouve Somaline à Phnom Penh. Somaline est une jeune cambodgienne de vingt-sept ans, assistante d’un député de l’Assemblée Nationale au Cambodge. Elle est bénévole de l’ONG Solidarité Bretagne France (SBC), basée dans le nord de l’Ille-et-Vilaine. Somaline parle très bien le français.
Nous prenons le bus ensemble, direction le village de Toultbeng, province de Takéo, au sud-est de Phnom Pehn. Après deux heures et demi, nous arrivons au marché. Nous commençons par nous rendre chez le vétérinaire. En effet, ici ce sont eux qui vendent les sacs de riz de cinquante kilos.

Nous réglons la note des sacs déjà livrés à l’école. SBC propose un parainage d’enfants cambodgiens pour la réussite scolaire. Les enfants et adolescents complètent leur demi-journée hors de l’école par des cours particuliers proposés dans cette école par des professeurs, de l’école publique, et financés par les parrains français.
Une fois par mois, les enfants reçoivent des vivres pour leur famille et, tous les trois mois, un sac de riz de cinquante kilos.
Ensuite, nous deambulons dans le marché. Somaline est contente de me le faire découvrir et moi je suis très contente d’avoir une guide locale ! Pour la pause déjeuner, nous commençons par le dessert : pâte de riz aromatisée et lentilles vertes ou haricots rouges, un délice cambodgien !

Une dame m’offre un jus de palme fermenté.

Nous changeons d’échoppe et nous installons pour une soupe de noodles avec des fleurs de banane, du maïs du français – je ne sais pas ce que c’est, mais Somaline m’explique que tous les « nouveaux » légumes sont appelés légumes du français, même si nous ne les connaissons pas ! – avec du poisson, du boudin et des pattes de poulet, miam !

Un bruit de pétards, dans la rue, nous surprend. Somaline m’explique que, pour le nouvel an chinois, demain, cette pratique permet de balayer le malheur et laisser la place au bonheur, pour la prospérité de la maison, en lien avec les ancêtres de la famille.
Un​ tuktuk vient nous chercher. C’est le père d’un des enfants parrainés, qui aide à l’école selon les besoins (transport et menues réparations par exemple).

Et nous arrivons à l’école.
Nous entrons dans la classe, les élèves se lèvent pour nous saluer. Ils nous accompagnent ensuite pour déballer les vivres puis composer les sacs à destination des familles. Ils sont excités.

Sel, sucre, sauce soja, sauce de poisson, huile, lait concentré, produit vaisselle, shampooing, lessive, savon, dentifrice. Les produits de base pour une famille cambodgienne.

Une fois ce travail terminé, les enfants passent le balai, tous ensemble, pour éliminer la poussière créée.

Les enfants retournent ensuite en classe et nous en profitons pour aller acheter de nouvelles bonbonnes d’eau.
Il est l’heure des papiers administratifs pour Somaline lorsque nous revenons. J’en profite pour m’asseoir avec les enfants, les regarder dessiner, échanger entre eux, rire et s’entraider.

Les adolescents arrivent de l’école publique. Ils viennent tous me saluer d’un « bonjour », mains jointes devant le visage. Je suis ravie de leur répondre d’un « Suôr sdei ». Les enfants parrainés doivent à leur tour compléter un document. Une des plus âgées est contente de me demander comment se dit « January » en français.
Après ce point-là, Somaline regroupe les enfants. Trente six enfants et adolescents (sur quarante-sept), de quatre à dix-neuf ans, et six (des huit) professeurs. Elle a souhaité profiter de ma présence, pour mon plus grand plaisir, pour aborder des notions de santé.

C’est donc en anglais, français et khmer que nous passons des messages sur le brossage des dents, le trop de sucre, le trop de sel, le lavage des mains et la douche – jusqu’à quatre par jour pour certains car il fait chaud ici ! Les enfants et adolescents sont très réceptifs et certains curieux d’approfondir des notions.
Nous procédons ensuite à la distribution des vivres. Somaline les appelle un à un pour leur remettre leur paquet et gérer les papiers. De mon côté, j’ai le plaisir de distribuer des cadeaux aux enfants : bracelets, avions, jouets, porte-clés, origamis, masques, balles, vêtements.

Ici, chacun attend son tour sagement et me remercie sincèrement et chaleureusement de mon don – qui n’est même pas le mien.
Les parents viennent chercher les plus jeunes, des enfants repartent en vélo ou scouter, chargés de leur sac de riz.

Petits et grands me remercient et me disent aurevoir. Cela fait chaud au cœur… Quelle aventure !!
Or koun à l’association SBC, Solidarité Bretagne Cambodge, et à Somaline pour votre accueil !

Publié par Gwendoline

La vie s'écoule Telle une rivière Tantôt paisible Ou chahutée Faite de remous Nous éclabousse Impitoyable Semée d'obstacles Ou bien d'épreuves A vivre en jeux Pour s'éprouver Se découvrir Et puis en rire De joie de vivre De découvertes Et de rencontres A demi-mots Ou sincèrement A vivre à fond Au plus profond De tout notre être Et simplement ... vivre

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Créer un nouveau site sur WordPress.com
Commencer
%d blogueurs aiment cette page :