Au pays des kiwis – Chapitre II

L’aventurière n’avait toujours pas vu de kiwis et n’en verrait probablement pas. Cet oiseau, emblème du pays, est très timide et ne sort que la nuit. Elle ne voulait cependant pas aller les rencontrer dans un parc animalier, préférant les grands espaces. C’est ainsi qu’après une semaine de sillonnage du pays, elle fit une halte à Queenstown afin de grimper le Ben Lomond. L’ascension de ce sommet de mille sept cent quarante huit mètres n’était pas aisé, c’est ce qui était intéressant. Il se laissait désirer. Les chèvres et boucs y paissaient tranquillement, dans leur univers. Le chemin était long, par endroits sinueux, toujours joli. Au bout de seulement deux heures trente, elle en était venu à bout. Et ses bâtons de marche lui avaient été d’un grand secours. Pierrailles, parties de semi-alpinisme, « hors-piste », il fallait s’accrocher. Et cela valait le détour… Une vue à trois cent soixante degrés. De​ beaux sommets, certains enneigés, d’autres couverts d’arbres, à perte de vue.

Et d’autres encore en fond du lac Wakatipu, envoûtant de par sa couleur et sa taille de soixante-quinze kilomètres. La légende raconte qu’il a été créé par le corps de Matau, un géant brûlé par Matakauri, car il avait enlevé la dulcinée de ce dernier. Son corps brûlant aurait alors créé un trou de quatre cent mètres de profondeur et la chaleur de la fournaise aurait fait fondre la neige, créant ce lac que l’on aperçoit ici.

Toujours est-il que ce lac, au nom maori et à la couleur attrayante, n’est pas bien chaud. La randonneuse méritait une bonne baignade, après être redescendu de ce sommet, et elle s’est laissée tenter. Elle choisi, pour se faire, un des emplacements pour Lthilien, dans « Le Seigneur des anneaux », pour ce mérite et pour y poser son propre campement, à Twelve Mile Delta.

Réveil avant les aurores. La nuit avait été courte. Mais ce jour était un jour spécial pour la voyageuse. Elle allait réaliser un autre de ses rêves. C’était tout juste un an après avoir découvert la magie des fjords en Norvège. Ce calme, cette grandeur, cet apaisement qui prend tout l’être. L’hiver norvégien avait stoppé la circulation fluviale sur ces eaux de mer glaciales. Intrigant cette héroïne. Ici, c’était l’été. Et cette fois, c’étaient les inondations qui avaient détérioré la route d’accès à Milford Sounds, empêchant les véhicules des touristes de s’approcher de ce Fjordland. Hormis par le biais d’une croisière via un bus touristique. La chance était de son côté ! Le jour se levait sur ce car de touristes endormis. Et la magie commençait à s’opérer. L’on rentrait dans la vallée. Les montagnes les entouraient de toute part. D’abord lointaines, puis très proches. Les ruisseaux aux eaux claires et pures serpentaient, insouciants de ce qui se passait alentours. Les nuages jouaient avec les montagnes. Les glaciers bleus surveillaient, perchés hauts, sur les sommets dominants, enneigés.

La chance continuait : le beau temps était à l’ordre du jour, une rareté dans le coin de cette contrée. Le bateau largua les amarres et le vent fit se couvrir les êtres qui étaient sur le pont. Pour admirer ce spectacle. Grandiose. Grand. Des cascades sortaient des montagnes, surgissant de leurs entrailles, déversant leur fougue. Sur parfois plus de cent cinquante mètres.

Ailleurs, des phoques ou otaries ou lions de mer prennaient du repos et profitaient du soleil.
Là-bas, ce sommet enneigé narguait le regard, sur fond de ciel bleu, s’entourant de nuages, sur décors d’une cascade et de toutes ces forêts aux milliers d’arbres.

Une heure trente de plaisir, à savourer cette impression de liberté dans cette immensité naturelle aux allures de magie.

En revenant à la réalité, de retour à Queenstown, elle alla goûter le fameux burger chez Fergburger, sensé être le meilleur du monde. Elle le trouva très bon mais sans plus.

Elle pris ensuite la route pour le campsite Lindis Pass, se rapprochant de Wanaka.

Une grasse matinée s’imposait en ce neuvième jour. Elle pris son temps et s’offrit une petite randonnée, la Rocky Peak, vers Wanaka. Quel régale… Les collines alentours étaient belles de part leur couleur et leur forme. Et le lac Wanaka était tellement envoûtant.

Elle fit la connaissance de Pauline, la première finistérienne qu’elle croisait, et de Fostine. Le soir, elle se fit plaisir et s’offrit…une douche !! L’avantage de ce camping, le Glendu Bay Motor Camp, avait aussi celui d’être proche de sa destination du lendemain. Et il offrait une très belle vue sur le lac !

Nouveau réveil très matinal. Le Mont Roys Peak l’attendait afin d’assister au lever du soleil sur un de ses flancs. Au bout de cinq cent mètres de dénivelé à s’éclairer à la lampe frontale, la magie a commencé à s’opérer. Alors la randonneuse fit une halte afin d’en profiter longuement. Quel plaisir de voir les monts mitoyens se dessiner petit à petit, apparaître aux yeux, jusqu’alors invisibles. Le scintillement des lumières de la ville de Wanaka rajoutait un peu de paillettes au tableau. Le lac et les nuages s’étaient mis à rosir pour accueillir le soleil, qui à cette heure-ci éclairait encore la journée de la veille de l’autre côté du globe… Le vent caressait la peau. Les lapins étaient toujours de sortie et les oiseaux se réveillaient tout juste. Quelques moutons s’exprimaient. La journée s’annonçait magnifique et elle allait être sublime.

Le soleil était tout juste apparu que les nuages le cachait déjà. Il était temps de repartir. Quel bonheur de gravir ces mille soixante dix-huit autres mètres de dénivelés. Et quel spectacle ici-haut !! Des monts de partout. Tantôt au marron de la lande, tantôt recouvert d’arbres épineux, ou encore prêtant leurs cimes à des glaciers. Et le lac Wanaka, sublime et envoûtant…

La vallée de Wanaka est assurément un des plus beaux endroits de l’île sud de la Nouvelle-Zélande selon cette héroïne.
Elle lui dit aurevoir et en profita encore un peu sur la route, en direction d’une nouvelle magie.
Cette route était extraordinaire. L’on commençait par suivre le bord d’un lac ravissant, pour en longer un autre et déboucher dans les montagnes.

Les routes devenaient alors très sinueuses, et montaient et descendaient, entre les monts recouverts de sapins. Pour sortir, plusieurs dizaines de kilomètres plus loin, sur le lit d’une rivière, petite par sa taille mais bordée d’une très vaste étendue de caillasses, entre des monts bien hauts. Étrange paysage. Et sur fond d’un glacier. Splendide. Puis la conductrice fit une halte aux Blue Pools. Elle apprécia le joli bleu de l’eau, dû à sa provenance des glaciers et à la clarté du fond de la rivière, mais cette place était à son goût bien trop touristique.

Elle repris la route et atteignit des plaines, comprenant des champs de torillons, d’autres de biches ou encore de lamas, puis la mer, pour aboutir à sinuer dans la forêt afin, enfin, d’arriver au Gillespies Beach campsite (à huit dollars la nuit). Elle gara sa voiture sur l’herbe, au son de la mer avoisinante, avec vue sur les montagnes. Quel délice !

Qui le fût encore plus lorsque le soleil, qui s’était à nouveau dissimulé derrière les nuages après un bel après-midi, réémergea pour se coucher ici, et éclairer l’opposer de la planète, laissant une trame rosée au sommet des montagnes.

L’aventurière allait sûrement faire de beaux rêves, teintés de la magie de notre beau système planétaire !

Une nouvelle journée en perspective se préparait avec au programme : les rivières de la glace. En direction de Fox Glacier, elle s’arrêta à un point de vue le contempler.

Et heureusement, car les nuages, chargés de pluie, arrivèrent à bonne allure. Elle enfila donc son vêtement de pluie et eu plusieurs remarques au fil de la journée telles que « vive les bretons !  » ou « oh un drapeau breton ! ». C’était rigolo.

Et cela la consola un peu de ne pouvoir admirer ces deux glaciers, qui ont la particularité d’être les seuls au monde à pénétrer la forêt tropicale tempérée. Fox Glacier tient son nom de Sir William Fox, le premier Néo-Zélandais à avoir visité ce glacier. Son nom Maori signifie le lit de Tuawe, Te Moeka o Tuawe, en lien avec la mort d’une jeune amoureuse de la montagne en cet endroit.
Franz Joseph Glacier s’appelait à l’origine Ka Roimata o Hine Hukatere. C’est un très vieux glacier qui, il y a dix-huit mille ans s’étendait jusqu’à la mer. Actuellement, il n’est presque plus visible. Voir inatteignable, comme aujourd’hui, à cause de l’instabilité du sol qui est fragilisé par la quantité de pluie qui tombe ici chaque année – il pleut près d’un jour sur deux. Et la vitesse de sa fonte est phénoménale… Et triste.

En 1865 il recouvrait toute la partie des cailloux

La globe-trotteuse repris donc sa voiture, un peu déçue, en direction de Hokitika Gorge. En additionnant des dépôts de roches, de la glace de glacier fondu et l’eau d’une rivière, l’on obtient ce merveilleux mélange et cette belle rivière turquoise. Magnifique !

Et pour terminer cette journée humide, une petite baignade-décrassage au Lake Kaniere, au campsite Hans Bay, était bienvenue.

Journée pluvieuse et venteuse à l’horizon… Direction Arthur’s Pass en espérant une accalmie. Ce qui a finalement été le contraire, avec des vents très forts et une pluie qui est tombée sans discontinuer. L’aventurière ne pouvait cependant pas rester enfermée toute la journée. Alors, en short et tee-shirt sous sa cape de pluie – il fallait mouiller le moins d’affaires possible ! – elle a été à la découverte de ce beau parc national, bien connu pour son fort taux de précipitations.
Bealey Valley Track lui a proposé une petite balade dans une forêt de hêtres pour aller admirer une rivière et une petite cascade.

Ensuite, Dobson Nature Walk lui a présenté ses fleurs alpines, fleurs d’été, en fin de saison.

Enfin, Devils Punchbowl Waterfall était une petite grimpe pour admirer une belle cascade de cent trente et un mètres.

À l’arrivée, il n’y avait pas de douche chaude qui l’attendait. Elle s’est donc dépêchée de se sécher et se changer puis elle a rejoint un campsite au centre de Arthur’s Pass, pas beau du tout, mais sans intérêt de ce côté-là car elle n’a plus remis le nez dehors avant le lendemain matin… Elle était réellement sans domicile fixe, mais elle s’estimait heureuse car elle avait un lit douillet et un abris clos.

Le soleil était revenu en ce nouveau jour. Il était donc temps de se rechausser. Avalanche Peak, du haut de ses mille huit cent trente-trois mètres, l’attendait. C’était plus de l’alpinisme que de la randonnée, mais pour cette grimpeuse aguerrie c’était avant tout mille cent mètres de dénivelés de plaisir. Le chemin en cailloux serpentait à travers la forêt. Le ruisseau descendait du sommet, imperturbable. Le sol pouvait être glissant, l’attention était de mise. L’ascension n’était pas toujours aisée. Mais rien ne pressait. Quel plaisir de sortir de l’orée des arbres et de tomber sur ce point de vue qui dominait la vallée et la rivière !

Le chemin continuait ensuite sur la crête d’un mont. Il était étroit. Quel délice cette impression de dominer les choses, d’ici-haut, et de se sentir si petite à marcher sur le dos de cette montagne. La route était encore bien abrupte par la suite. Ses bâtons l’aidant, l’alpiniste pris son temps. Atteignant enfin le sommet, la surprise était de mise : vue sur un glacier, caractérisé par ce bleu turquoise, et de multiples monts aux crêtes si bien dessinées.

Quel spectacle ! Quelle magie, ce plissement de la Terre. Elle profita de la vue pour se rassasier avant de prendre un chemin un tout petit moins périlleux pour le retour.

Elle avala ensuite quelques kilomètres avant de faire une halte bien méritée à Greymouth, ville connue pour ses bonnes bières. Elle se régala d’une bière ambrée, du cru de la brasserie Monteith’s, établie sur la West Coast depuis 1868. Un plaisir !

C’est l’été ici !

Puis, remontant la côte, elle arriva aux Pancakes Rocks. Ce sont des formations rocheuses qui, comme leur nom l’indique, ressemblent à des pancakes. L’accumulation de calcaire et de minéraux, il y a trente cinq millions d’années, puis l’érosion, le vent, la mer et la magie de la vie ont donné ces étranges formations. La mer, à marée haute, s’y engouffrait et proposait des geysers, pour le plaisir des yeux et des oreilles des touristes.

Il était l’heure d’aller se poser et se reposer à Westport, dans un camping afin de profiter d’une douche chaude, bienvenue.

La fin de cette deuxième semaine approchait et le nord de l’île sud restait encore à découvrir. L’automobiliste parcouru alors plus de trois cent kilomètres pour aller à la plage…
Entre monts et vallées, la nature restait au chaud sous son manteau de nuages, la tête dans le brouillard. La campagne se dévoilait ensuite sous les rayons du soleil, s’en délectant. Les vaches étaient rigolotes, ici.

Les virages de la montagne annonçaient la Golden Bay.
Elle s’arrêta, en chemin, contempler les Waikoropupu Springs. La géologie, le relief, les précipitations, le temps, la chimie et la pression de l’eau sont les ingrédients pour créer cette magie. En effet, ces sources comptent parmi les plus claires du monde. Elles paraissaient si pures et claires à cette aventurière qu’elle pris le temps de les contempler, pour se ressourcer. Ce bleu, comme l’eau nous apparaît dans une piscine, est le résultat d’une filtration naturelle des micro-organismes. Les animaux y sont heureux ici. Et les yeux de la voyageuse l’étaient tout autant ! C’est une Wahi Tapu, un lieu sacré, pour les maoris. Les eaux de la vie de Te Waikoropupu représentent l’élément vital de Papatuanuku, la mère Terre, et les larmes de Ranginui, le père Ciel.

La voyageuse pris ensuite le chemin de cette fameuse plage. Wharariki Beach. Ou la plus belle plage de l’île sud. Elle se méritait. Elle se situe à l’entrée du « bec de kiwi » que représente le nord ouest de l’île sud. L’accès en voiture se fait pour les six derniers kilomètres sur une route en graviers. Puis un kilomètre de marche à pied, à travers les champs, attend les désireux. La plage était belle, de son sable blanc.

La mer, d’un bleu-vert, était violente et n’invitait pas à la baignade. Seuls les pieds pouvaient y goûter, à cette fraîcheur.

Cette plage compte une centaine d’espèces d’oiseaux. Il fallait avoir l’œil ! L’aventurière aperçu des mouettes, des goélands, des « sortes » de sternes et d’autres oiseaux dont le nom lui était inconnu.

Huîtrier variable – Torea en Maori

Un phoque faisait la sieste, se servant d’un rocher comme d’un oreiller.

Et ces autres jouaient dans cette flaque de mer. Ils bondissaient hors de l’eau. Se jetaient sur le sable. Avançaient tant bien que mal « les deux pieds dans le même sabot » et s’étalaient de tout leur long. Ces bébés s’écartaient pour regarder les adultes chahuter. Cet autre encore faisait le beau pour les touristes. Ils étaient tels des acrobates dans l’eau.

Un bébé phoque venu dire bonjour 😍

De petites méduses bleu fluo étaient échouées tout le long de la plage.

La falaise était incroyable, formée de multiples galets, et souvent creusée de tunnels où la mer s’engouffrait.

Le vent était présent mais le prélassement, après cette longue journée, tendit les bras à l’héroïne, qui se détendit sur la plage.

L’aventure n’était pas encore finie. De ravissantes et éblouissantes découvertes attendaient la backpackeuse. Elle se régalait de la beauté de cette île. Et comptait bien profiter encore du confort de la voiture pour sa dernière semaine !

Publié par Gwendoline

La vie s'écoule Telle une rivière Tantôt paisible Ou chahutée Faite de remous Nous éclabousse Impitoyable Semée d'obstacles Ou bien d'épreuves A vivre en jeux Pour s'éprouver Se découvrir Et puis en rire De joie de vivre De découvertes Et de rencontres A demi-mots Ou sincèrement A vivre à fond Au plus profond De tout notre être Et simplement ... vivre

2 commentaires sur « Au pays des kiwis – Chapitre II »

  1. Salut Gwendoline,
    Que de chemin parcouru déjà depuis ta Bretagne ! Ton trajet est sur notre planisphère et ton aventure continue à éclairer notre quotidien !
    Aujourd’hui nous nous sommes inscrits aux RCL et nous t’y donnons rendez-vous !
    Bisous
    Vanessa, Olivier, Nolan et Maéna

    Aimé par 1 personne

    1. Hello hello!
      Haha vous êtes trop mignons 😍
      C’est bon, je m’y suis inscrite aussi !!! Juste après avoir vu des baleines 😋 de toute façon j’aurai demandé un pass VIP s’il n’y avait plus de places 🙃 la vie est belle 😉
      On se voit presque bientôt, c’est super !!
      J’espère que tout va bien pour vous également 😀
      Bisous à vous 😘

      J'aime

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