Au pays des kiwis – Chapitre III

Le temps passait vite. Voilà déjà trois semaines que l’air néo-zélandais ressourçait la backpackeuse. Elle entamait sa dernière semaine sur l’île sud du pays.
Au quinzième jour, elle pris la direction du magnifique parc national Abel Tasman. Les véhicules ne peuvent pas y circuler, ou seulement de façon restreinte. Inextremis – elle ne s’était pas renseignée sur les horaires de départ et était restée un certain temps dans les bouchons – elle pris donc place à bord d’un bateau taxi, au départ de Marahau. Elle y monta « sur le sol » et fut conduite par un tracteur jusqu’à la plage, avant d’être déposée sur l’eau. Le capitaine mis les gaz et l’embarcation pris rapidement de la vitesse. La voyageuse trouva cela grisant. Il fallait être bien accroché, le bateau cassait les vagues. Avant de mettre le cap sur la destination, le commandant de bord fit un détour pour apercevoir le Split Apple Rock, ce drôle de rocher, à l’allure teintée de magie…

Le bateau longea ensuite une côte de l’île Adele afin que les passagers puissent observer les phoques et les bébés nés au mois de décembre. Un spectacle dont elle ne se lassait pas !

Il y en a deux, cherchez bien !

Arrivée à bon port, la plage de Bark Bay lui tendit les bras. Et l’éblouissement continua. Elle prit le « sentier des douaniers », le chemin côtier sinuant dans la forêt, sur une musique de fond jouée par les vagues. La mer était d’un bleu-vert hypnotisant, couleur de jade, cette pierre précieuse importante pour les peuples maoris. C’est une pierre de protection qui écarte le mal de son porteur et lui attire la chance et l’amitié.

Les plages étaient revêtues d’un sable d’or. Les oiseaux sifflotaient et chantaient au gré de leurs envies. Les Weka, ces sortes de faisans, partageaient le chemin et se laissaient observer alors qu’ils cherchaient leur nourriture dans les fourrés.

Les cigales stridulaient, accompagnant les randonneurs. Le bourdonnement des insectes surprenait les amoureux de la nature. Les fougères arborescentes parfumaient les allées et protégeaient parfois de la pluie qui s’était invitée.

Quelques petites détours pour des points de vue, des criques, ou la « piscine de Cléopatre », dans laquelle nageait un grand poisson, cassaient ce rythme hypnotisant de la marche rapide.

Les randonneurs n’étaient pas très nombreux, ce qui offrit un sentiment de liberté à l’héroïne. Malgré le temps maussade, la journée fût belle en ces vingt-cinq kilomètres de plaisir. Le parc national Abel Tasman est bien un autre paradis sur Terre…

Sur la route du retour, direction le Freedom camping de Uruwhenua, elle hésita à acheter des fruits. L’idée est géniale, mais elle ne pensait pas qu’elle puisse fonctionner en France, malheureusement…

Une grasse matinée était apréciable en ce nouveau jour de pluie.
La globe-trotteuse pris tranquillement la route de Nelson. Cette ville au ton artistique était sympathique.

Elle est chargée d’Histoire et doit son nom à l’amiral Horatio Nelson.
La curieuse eu le droit à une séance d’art-thérapie, gratuite, dans la Cathedral Christ Church. Alors qu’elle en arpentait une allée, les mains d’une dame se mirent à jouer de l’orgue. Quelle beauté. Cet orgue était suspendu et l’on pouvait passer en dessous. Elle y prit place et se laissa envahir par la musique, stoppant ses pensées pour mieux se laisser combler par les notes.

Sortant de sa léthargie, elle se dirigea alors, le sourire aux lèvres, vers la rue South Street. Les maisons sont toutes de style d’origine, de 1851. Elle les trouva fort jolies. Les chats y habitant étaient également fort sympathiques à se laisser caresser.

Malheureusement, la montagne restait enfouit sous son manteau de nuages et il n’était donc pas intéressant d’entreprendre une marche vers un point de vue. Ce fût donc Tahunanui Beach qui accueillie la voyageuse pour un bain de mer. La plage ressemblait étrangement à cette autre plage, une des plus belles de France, avec cette longue étendue de sable blanc, ce vent qui régale les amateurs de kitesurf, et la fraîcheur de l’eau…

Elle reprit alors la route en quête de Kenepuru Head Campsite où une douche…froide l’attendait ! Sur son chemin, elle fit une halte pour admirer le début des Marlborough Sounds et se mettre en haleine pour la journée suivante.

Le lendemain, le brumisateur naturel était encore de sortie, bien qu’il ne fasse pas si chaud. Le soleil attendu avait décidé d’en faire autrement. Elle allait devoir s’y habituer et savourer tout de même ces sublimes paysages, qui le sont encore plus par beau temps.

La nature l’appelait et cela commença par une visite d’un Weka dans sa voiture alors qu’elle petit-déjeunait.
Ensuite, elle avala les kilomètres sur le fameux Queen Charlotte track. Trente-sept au total ! Un régale…
Elle régla son inscription – obligatoire – sur le site du track et se dirigea vers Endeavour Inlet. Le sol d’argile ou de glaise était glissant. Les cigales stridulaient toujours mais plus d’une centaine d’entre elles jonchaient le sol, telles les feuilles, mortes.

Annonciatrices de la fin de l’été, l’automne était déjà à la porte, attendant son tour d’ici une quinzaine de jours. La fraîcheur et l’humidité étaient déjà présentes… Les oiseaux sifflaient. Les Collins de Californie se promenaient.

La mer du Sounds chantait.
Une pause repas au pied de l’arbre Puhikereru Rimu, vieux de mille ans, de deux mètres de diamètre et de trente mètres de hauteur était bienvenue.

Il se situait dans un coin de forêt qui lui permis d’improviser des couverts qu’elle avait oublié… Mère Nature avait tant de choses à offrir, elle en profita avec plaisir.

Longer la côte était magnifique. Le soleil émergeait de temps en temps d’entre les nuages. La pluie était partie arroser d’autres contrées. Ces bras de mer, si profondément insérés dans la Terre, aux mille feuilles et animaux, avait un quelque chose de reposant de part leur majesté.

Revenant de cette aventure, elle arriva à une bifurcation. Il n’était que cinq heures. Elle avait fini son dernier roman la veille – qui l’avait fait veiller tard car le dénouement la tenait en haleine. Son forfait téléphonique venait d’expirer le matin-même. Elle n’avait rien planifié pour ce soir. Alors elle entrepris de continuer son parcours. Une première vue était éblouissante.

La randonneuse sentit plus qu’elle ne vit le boucs et les pleureuses chèvres. La végétation avait changée et présentait actuellement des épineux. Le terrain grimpait bien plus.
Elle arriva à Eatwells Lookout. Un éblouissement ! Les Sounds à perte de vue, jusqu’à l’horizon, s’étandant loin devant. Une immensité s’étalait sous ses yeux. Une pépite de ce Monde. Un de ses plus beaux endroits sur Terre… Elle contempla. Elle pris son temps. Regarda. S’émerveilla toujours.

Le vent eut finalement raison d’elle et, enfin, elle quitta ce lieu de bonheur… Elle retourna au même camp que la veille, son corps fatigué et son esprit comblé.

Nouveau jour, nouvelles aventures. Le soleil était enfin de la partie ! Elle commença à rouler. Mais une idée la taraudait : celle de retourner contempler son lieu coup de cœur de la veille. Les minutes et les kilomètres s’égrainaient. Elle ne savait que faire. Et puis, sa philosophie lui revint : ne jamais avoir de regret dans la vie, suivre son cœur. Elle rebroussa donc chemin. Et la magie s’opéra de nouveau après ces six kilomètres de marche. Un éblouissement. Le soleil éclairait le lieu d’une autre façon, c’était d’autant plus ravissant. Elle pique-niqua là-haut afin d’en profiter un maximum.

Landudal : 19264 km

Ensuite seulement elle repris le chemin en sens inverse. Onahau lookout lui offrit une autre vue à trois-cent soixante degrés sur ce sounds. Sublime.

La randonneuse fit ensuite route vers Picton afin de faire l’essence. La côte est sublime et c’était un plaisir de rouler ici. Elle en profita pour faire un échange de monnaie, pour le campsite, avec un monsieur croisé à la pompe à essence. Elle mit ensuite cap sur Kaikoura vers Puhi Puhi. Son GPS lui proposa de sortir de la route principale. Elle aimait les surprise alors elle s’y engagea. Elle se retrouva sur une gravel Road, au milieu du bush néo-zélandais, c’était rigolo.

Puis les belles couleurs du crépuscule l’accompagnèrent et elle alla dormir au bord de la rivière, sans réseau téléphonique.

Le réveil était à nouveau matinal ce jour-là. Et pour cause. C’était la journée d’un nouveau rêve… Elle petit-déjeuna devant le lever du soleil puis pris place à bord d’un nouveau bateau.

L’aventurière et ses compagnons écumèrent les vagues mais restèrent longtemps bredouilles. Quelques beaux oiseaux de grande envergure – mais trop petits pour être des albatros – passaient près d’eux.

Le capitaine sondait les eaux.

Et tout à coup, comme par magie, elle les vit. Ces jets d’eau sortir du beau milieu de la mer. Le bateau fonça à vive allure vers ces géants des eaux. Les baleines, ces cachalots, venaient se réapprovisionner en air avant de redescendre pour deux heures trente d’apnée. Quelle beauté. Et quelle grandeur.

Et la queue jaillissant de l’eau signifia déjà la fin du spectacle. Il fut malheureusement très et trop rapide… Mais la globe-trotteuse vit les baleines et compta garder sa vidéo bien précieusement ! Vincent, cet autre français amoureux de la mer, tentait sa chance pour la cinquième fois !! Ils ne virent pas de dauphins, comme ils auraient pu. La mer était assez déchaînée ces jours-ci. Et le tremblement de terre qui a secoué Kaikoura en 2016 a fait s’écrouler les fonds marins, obligeant les baleines à ne plus s’approcher autant de la côte. Ils passèrent la journée ensemble à papoter de voyages, à s’échanger les bons plans pour la Nouvelle-Zélande, à parler de la France. Ils firent une escale afin de déguster les fameuses écrevisses de Kaikoura. Miam !

Une petite balade digestive pour admirer ce magnifique bleu de la mer était bienvenue.

De nombreux oiseaux et plusieurs colonies de phoques peuplent les côtes. Mais attention à ses derniers, lorsque l’on se retrouve sur leur territoire, ils peuvent attaquer et il vaut donc mieux rebrousser chemin…

Une petite bière afin de regarder les photos, à l’abri du vent qui souffle fort ici, clotura cette magnifique journée.

Requinquée d’un long sommeil, la baroudeuse se leva tranquillement, dans le même campement que la veille. Steve l’apostropha, au saut du lit. Ce kiwi l’invita à boire un café. Il est l’heureux propriétaire et conducteur de son Bigbuz, cet ancien bus scolaire de dix mètres de long, réaménagé voilà bientôt vingt ans, en charmante maison ambulante.

Ils papotèrent. Sa femme ne souhaite pas accompagner Steve dans ses longs voyages à travers le pays. Alors Steve rencontre ses voisins de campements, des suisses, beaucoup d’allemands, des danois, des français, etc. et voyage encore plus à travers eux. Le kiwi et la française firent la courte marche proposée à la rencontre de la rivière et des arbres.

Puis la voyageuse repris la route tranquillement afin de boucler sa boucle et de revenir à Christchurch. Elle retrouva Pauline, qui lui offrit l’hospitalité pour la nuit – et une douche chaude ! Et le lendemain, elle rendit sa voiture, riche de tous ces sublimes et très divers paysages et animaux, avant de continuer vers d’autres aventures.

La backpackeuse confirmait que la Nouvelle-Zélande est bien le jardin de Dieu sur terre…

Publié par Gwendoline

La vie s'écoule Telle une rivière Tantôt paisible Ou chahutée Faite de remous Nous éclabousse Impitoyable Semée d'obstacles Ou bien d'épreuves A vivre en jeux Pour s'éprouver Se découvrir Et puis en rire De joie de vivre De découvertes Et de rencontres A demi-mots Ou sincèrement A vivre à fond Au plus profond De tout notre être Et simplement ... vivre

4 commentaires sur « Au pays des kiwis – Chapitre III »

  1. Coucou Gwendoline

    Je regarde régulièrement ton parcours et admire tes superbes photos ainsi que ton joli sourire..
    Profites encore de toutes ces decouvertes magnifiques en espérant te revoir à Saint Malo
    Sylvie de Maup

    Aimé par 1 personne

  2. Bonjour Gwendoline!
    On ne se connait pas (enfin moi je commence à te connaitre à travers tes articles..),je suis Sylvie une amie de Vanessa et c’est elle qui m’a fait la plus grande joie de me parler de toi et de ton blog .
    Bravo! pour ton parcours et un grand merci pour ton partage de photos et tes récits très agréables à lire.

    En fait on aurait pu se croiser en Nouvelle Zélande ,j’y ai fais un roadtrip en famille dans l’ile du sud du 17 au1 mars.
    Je suis bien d’accord avec toi la NZ est vraiment un jardin magnifique.!!!
    Je te souhaite beaucoup de bonheur et encore de belles rencontres à venir sur ta route!!

    au plaisir de te lire!!!

    Sylvie

    Aimé par 1 personne

    1. Bonjour Sylvie !
      Je te remercie pour ton gentil message 😊
      Et je serai ravie, faute d’avoir pu te rencontrer en NZ, de te rencontrer en France à mon retour 😀
      On se tient au courant !
      Merci pour tes encouragements !!

      J'aime

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