Retour du bout du Monde

Une des raisons qui avait poussé l’aventurière à choisir la Nouvelle-Zélande était qu’elle avait du monde à retrouver, là-bas. Pierre et Bérénice avaient quitté la France depuis juin dans le but d’en faire le tour, grâce à leur van et des woofings – plusieurs heures de travaux chez des populations agricoles en échange du toit et du couvert. Ils avaient ainsi décidé, tous les trois, de passer cette semaine ensemble, pour des vacances.

Ils se rejoignirent à Eden Park, à Auckland. C’était à la fois rigolo et excitant de se retrouver ici, à des kilomètres de leur pays, après tout ce temps. Un temps à la fois long et également proche. Ses amis avaient à la fois changé et en même temps non, ils restaient les mêmes. Ils étaient surtout très bronzés. C’était chouette de les revoir, cela lui fit grand plaisir. Ils prirent le pas ensemble, en direction de leurs sièges, après avoir fait une halte pour acheter des bières. Pour célébrer ces retrouvailles et encourager les deux équipes qui allaient s’affronter d’ici peu.

Car, en effet, quoi de mieux que d’assister à un match de rugby, pour la première fois, si ce n’est dans le pays des fameux All Blacks ? Les Blues de Auckland affronteraient les Lions d’Afrique du Sud. Pierre expliqua les règles à cette novice du rugby. Le match passa vite. À la mi-temps, ils eurent le droit à une démonstration de Haka.

Quelle énergie de la part des danseurs ! Et les Blues finirent vainqueurs, à domicile. Les trois amis terminèrent leur journée à flâner dans les rues d’Auckland et à découvrir les saveurs culinaires d’un restaurant coréen. Le temps passa vite, ils en avaient des choses à se raconter !

Le lendemain, ils prirent leur temps, en ces jours teintés d’incertitude quand au futur. Ils visitèrent le musée de la marine, à Auckland. C’était très intéressant de voir des maquettes des bateaux utilisés par les ancêtres Maoris, pour braver l’océan Pacifique et s’installer sur d’autres terres, dont la Nouvelle-Zélande.

C’étaient les plus robustes qui étaient choisis ; ce qui explique la morphologie actuelle des descendants. Il y avait peu de place dans certains bateaux et les vivres étaient souvent entreposées avec les hommes. Le musée présentait également les exploits et les coutumes maritimes, passées et actuelles, des « colons » et des néo-zélandais. Il en fallait du temps devant soi pour visiter ce musée, qui en valait la peine.
Ils voyagèrent à nouveau gustativement le soir ; leurs papilles les emmenèrent cette fois en Inde.

Pour plus de liberté, ils louèrent une voiture, une de plus ! Ils mirent le cap sur la Péninsule des Coromandels.
Ils se garèrent, firent leur paquetage et prirent le chemin des Pinnacles. À l’entrée, il était très important de bien nettoyer ses chaussures, avec brosse et produit désinfectant, afin de préserver la végétation locale. Trois petites heures de randonnée, dans la forêt, sur un terrain plutôt rocailleux, les menèrent au Hut – refuge – où ils comptaient passer la nuit.

Ils y déposèrent leur sac à dos et continuèrent, espérant observer un petit peu de coucher de soleil. Le temps était très couvert mais le lendemain s’annonçait pire. Ils purent contempler le spectacle de là-haut. Cela leur fit du bien.

Car la Nouvelle-Zélande prenait ses premières décisions de protection de la population et les joyeuses retrouvailles allaient bien vite être chamboulées par les événements qui soulèvent le monde entier.

Ils quittèrent le charmant refuge après avoir échangé quelques mots avec le Ranger en charge des lieux. Il ne faisait pas chaud, l’humidité et la fraîcheur avaient chassé l’été. Le chemin du retour se fit par un autre sentier tout aussi charmant, au chant des oiseaux et sous les arbres.
Arrivés au pied de ce petit sommet, le temps était plus dégagé. Ils firent route vers l’est de la Péninsule, s’arrêtant parfois pour contempler la vue magnifique.

Ils prirent une chambre vers Buffalo Beach. Leur plan initial de dormir en tente était risqué, les nuits s’étaient vraiment rafraîchies. Ils degustèrent des bières sur la plage et improvisèrent un apéro dînatoire. La voyageuse en profita pour se baigner afin de s’éclaircir les idées.

Le gouvernement français avait annoncé la veille au soir la fermeture prochaine des frontières et conseillé à ses voyageurs de rentrer sans tarder. Ils prirent donc tous les trois leur décision : rentrer, selon les différentes possibilités de chacun et des compagnies aériennes. Il allait falloir s’organiser, et avec le décalage horaire et les différents forfaits téléphoniques, il faudrait jongler. Un branle-bas de combat se mis en place, tantôt en communicant avec les familles, les compagnies aériennes, les agences de voyage. Au bout d’un certain temps, ce fût bon, chacun avait son billet retour. Il leur resterait donc quelques jours encore pour profiter de la Nouvelle-Zélande.

La situation étant mieux définie, c’est donc plus sereinement qu’ils prirent la route pour Cathedral Coves. Cette crique résulte de l’érosion, par le vent et les vagues, de la roche volcanique et du dépôt de cendres créés il y a sept à huit millions d’années.

Il faisait beau et chaud. Ils profitèrent de la plage pour papoter et se détendre.
Ils prirent leur temps, l’après-midi. La fatigue du stress des derniers jours se faisait sentir pour l’aventurière.
Ensuite, au vue de la marée, ils se dirigèrent en soirée à Hot Water Beach. Ce SPA naturel se mérite ! Il faut se munir d’une bonne pelle, repérer les zones de sable chaud sous les pieds, et se mettre à l’œuvre.

Une fois son trou creusé, il faut encore être vigilant : les pourtours peuvent s’écrouler car le sable ne colle pas, l’eau peut être trop chaude et même brûlante du fait de l’activité géothermique de cet endroit particulier. Et, une fois installé confortablement, à bonne température, la vigilance est toujours de mise : une vague plus forte que les autres peut vous refroidir en un rien de temps en passant par dessus vos contreforts !

C’était très rigolo et bienfaisant pour les muscles. Quelques bulles de gaz carbonique remontaient à la surface, le déplacement de la main pouvait s’avérée inutile car l’eau brûlait juste à ce point précis, derrière soi l’eau pouvait être froide. C’était cela qui était intéressant, ce côté très éphémère où l’on devait apprécier chaque instant avant qu’il ne s’en aille, emporté par les éléments.

Nouvelle journée de route pour les trois compères. Ils s’arrêtèrent effectuer quelques achats touristiques. Son Tour du Monde ayant prit fin, la backpackeuse décida de s’offrir un joli pull en Mérino. Cela lui permettrait d’avoir hâte de revoir l’hiver, elle qui ne l’aurait pas vu pendant un an et demi 😉. Le Mérino est une race de mouton.

La boutique

Il est réputé pour la qualité de sa laine. La Nouvelle-Zélande compte environ soixante-dix millions de têtes ; il est le deuxième plus grand producteur au monde après l’Australie. Cette laine protège les moutons des ultra-violets en été et du froid en hiver. L’homme utilise la laine du Mérino pour ses propriétés de régulation de la température mais également pour celles de régulation de l’humidité du corps. La tonte du monton n’est pas à prendre à la légère, c’est un métier à part entière. Elle nécessite un coup de main précis, sans quoi la section d’un tendon d’une patte saignerait et handicaperait le pauvre animal. D’où son prix, en conséquence. Mais, comme l’aventure prenait fin plus tôt que prévu, le budget n’était pas épuisé et les petits plaisirs étaient toujours de grands plaisirs !

La prochaine étape était le Mont Tongarero. Malheureusement pour les trois voyageurs, tous leurs plans tombaient à l’eau : la course à pied que Pierre préparait depuis presque un an, de soixante-douze kilomètres – ! – avait été annulée à cause du coronavirus, et le temps était trop dangereux pour entreprendre l’ascension du volcan – vent et nuages de pluie. Les randonneurs durent donc se rabattre sur deux ou trois randonnées, selon les motivations, dans les alentours. Les chemins sentaient bon la forêt et l’automne. La bruyère était toujours là et colorait le paysage de ses couleurs violettes. Les oiseaux chantaient ; elle avait appris à les reconnaître, ils allaient lui manquer. La lave ancienne du volcan avait permis le développement d’étonnantes alchimies, pour le plaisir des yeux. Un milieu acide, pauvre en oxygène, de la tourbe, un sol marécageux, de l’aluminium et d’autres minéraux. Le froid, l’altitude et le vent jouaient également leurs rôles. Les Golden Rapids étaient chargées de fer et d’argile, colorant le ruisseau en jaune-orangé.

Les pierres étaient recouvertes de rouge : c’était de la rouille.

Les plantes aussi étaient de couleurs rouge, orange ou brune du fait du stress lié à leur environnement : humide, sec et/ou froid, sans abri pour la lumière directe du soleil ou sa réflexion sur la neige. Ces colorations permettent ainsi, grâce aux pigments rouges, de filtrer la lumière et de neutraliser les dommages chimiques créés par ce stress.

Le paysage était beau. Ressourçant, relaxant, apaisant. La cascade Taranaki était charmante dans son décors de roches colorées.

Sur le chemin du retour, tout à coup, alors que la globe-trotteuse marchait en tête, un bel oiseau s’envolla juste devant elle et se posa sur une branche pour les regarder. Une magnifique Ruru, ou chouette native, les observait. Elle se laissa prendre en photo et en vidéo.

Elle semblait intriguée. Elle était rigolote à faire des ronds de tête. Un bruit derrière elle permis aux spectateurs d’admirer son retournement de cou à cent quatre-vingt degrés. Après un bon moment, la nuit commençant à prendre ses marques, les randonneurs reprirent leur marche. La chouette s’envolla puis se reposa sur une branche devant eux. Ils prirent le temps de l’observer encore. Lorsqu’ils repartirent, elle les suivi un petit peu, s’envollant de branches en branches. Magnifique…

Le lendemain, veille du retour vers Auckland, les vacanciers dirent aurevoir au Mont Tongarero, qui sorti de ses nuages pour les saluer.

Ils mirent le cap vers Hamilton, petite ville à une heure au sud d’Auckland, afin d’y passer la nuit. Ils passèrent leur après-midi dans les Hamilton Gardens. Entre jardin japonais, chinois, italien, à l’anglaise, etc., il y avait de quoi faire. Les plantes étaient belles, certaines surprenantes.

Cela donna également l’occasion à l’ex tourdumondiste de profiter un dernier instant de la culture maorie. Cet entrepôt permait de stocker les vivres en hauteur afin d’éviter les nuisibles.

Pierre et Bérénice lui apprirent que cela ne fonctionne pas à tous les coups. Certains des agriculteurs chez qui ils ont travaillé en font de même et les souris trouvent toujours le moyen de venir se régaler.
En fin de journée, ils allèrent se poser dans la chambre de la maison où ils avaient réservé. Ils finirent de boucler leurs sacs tranquillement. Ils trinquèrent ensuite à cette dernière soirée ensemble.

Réveil brutal. L’avion Dubaï-Paris des compagnons de route de l’aventurière venait d’être annulé, quelques heures seulement avant leur embarquement. Ils prirent la route vers l’aéroport. La backpackeuse conduisait afin de laisser son cousin et sa compagne essayer de se retourner. Le réseau n’était pas bon lorsqu’ils réussirent enfin à joindre l’agence française de la compagnie aérienne. Ils ne purent pas conclurent et booker une correspondance à destination de Londres. Ils arrivèrent enfin à l’aéroport d’Auckland. La conductrice les déposa puis partie se reposer dans la chambre qu’elle avait choisie pour la nuit. Elle était tendue. Mais elle devait essayer de garder la tête froide. Elle alla retrouver Angela, la fille de Inia, chez qui elle aurait dû passer sa dernière semaine en NZ, en workaway. Elles s’étaient déjà rencontrées afin de faire connaissance. La voyageuse avait laissé des affaires chez elle et lui avait emprunté une tente, pour l’éventualité du camping. Elle devait ensuite aller voir un médecin, recommandé par l’ambassade de France, afin d’avoir un certificat médical de bonne santé, une des conditions d’embarquement pour le lendemain. Et c’est alors que Pierre et Bérénice la rappelèrent. Ils ne pouvaient pas monter dans leur avion car n’avaient pas réussi à avoir une correspondance pour quitter Dubaï. Ils avaient bien tenté de trouver une autre compagnie mais l’Amérique avait, au moment-même où ils allaient valider, refusé de délivrer le visa-transit par le sol américain – l’ESTA. Ils étaient donc allé glâner des informations auprès de la compagnie aérienne avec laquelle la backpackeuse devait voyager le lendemain. Elle ne pourrait pas embarquer car il lui fallait un test médical de non-infection, test qui était tout juste utilisé sur le territoire et qui n’était réalisé en Nouvelle-Zélande que chez les personnes symptomatiques. C’était dur à accepter pour elle. Elle repartie donc les chercher à l’aéroport. Ils avaient besoin de réfléchir à leur organisation. Elle appela alors son agence de voyage, Travel Nation, en France. La conseillère était malheureusement mal informée, c’était Pierre et Bérénice qui lui donnait les informations à jour. La conseillère allait se renseigner et rappellerait la voyageuse. En attendant, Pierre et Bérénice devaient aller faire des courses car ils pourraient, a priori, retourner dans un des woofings qui les avait accueillis, au nord d’Auckland. La conseillère ne rappelait pas. La voyageuse devrait se faire une raison : elle allait elle aussi rester bloquée en Nouvelle-Zélande… Lorsqu’ils revinrent du magasin, ils la récupèrent à l’adresse où elle était : ils avaient négocié pour qu’elle vienne à la ferme avec eux, en attendant de trouver une autre solution. Ils roulaient depuis seulement cinq minutes et la conseillère la rappela. Ils s’arrêtèrent. Le ministère de la santé ne jugeait pas nécessaire de rapatrier ses soignants : la carte « professionnelle de santé » n’avait pas marché. La conseillère proposait alors à la voyageuse de simuler les symptômes, auprès d’un des deux seuls centres détenteurs du test, afin d’avoir le test et le certificat médical en même temps. Mais, après vérification auprès d’un des centres, le test prenait quarante-huit heures avant de valider l’infection. Le délai était trop court et la supercherie peu tentante. La conseillère proposa alors à la voyageuse d’annuler ce premier billet – afin de récupérer les taxes, la backpackeuse devrait voir a posteriori avec son assurance si elle allait pouvoir se faire rembourser – et d’en acheter un autre, plus cher mais à un prix raisonnable, avec une autre compagnie. La décision devait se faire dans l’instant ! Elle dit oui et acheta son billet, le billet de la liberté espérait-elle. Pierre et Bérénice se mettraient à nouveau en relation avec cette même compagnie aérienne, la même que la leur, lorsqu’elle serait ouverte en France, afin de modifier leur billet et de suivre les traces de la cousine. En effet, ils avaient déjà perdu assez d’argent à acheter d’autres billets, non remboursés, au fur et à mesure que les pays étaient contaminés ou fermaient leurs portes. Finalement, la compagnie ne leur répondrait jamais et ils resteraient bloqués en Nouvelle-Zélande, où le confinement prendrait effet moins de quarante-huit heures après la sortie du territoire de l’ex tourdumondiste. Elle pensait fortement à eux tous les jours ! Son billet acheté, la voyageuse prit congé de ses amis. Elle avait besoin de retourner dans la chambre qu’elle avait loué, à pied, pour s’aérer. Elle les embrassa chaleureusement : si tout se passait bien pour elle, elle ne les reverrait pas avant un bon moment et n’aurait le droit d’embrasser personne d’autre avant un bon bout de temps…

Jour du Grand Départ. La voyageuse l’espérait si profondément. Elle n’avait pas beaucoup dormi, alerte de la sonnerie de son réveil. Elle allait aller tôt à l’aéroport afin d’avoir le temps de réagir et de trouver un autre plan si la situation avait à nouveau évoluée. Elle attendit patiemment, dotée de son masque, que la zone d’enregistrement de son vol apparaisse à l’écran.

Elle discuta avec des belges, qui avaient rencontré Pierre et Bérénice la veille, lors de l’attente fatidique. Elle croisa d’autres français, chacun rentrant par plusieurs escales et différentes compagnies. Cet autre venait demander conseil car son vol avait été annulé. Après un long temps d’attente, elle pu se diriger vers le check-in, même s’il n’était pas ouvert pour son vol mais pour un vol qui décollait avant. Un homme de la compagnie regardait les billets de chacun afin de confirmer l’existence de toutes les correspondances. Ce couple appris ainsi qu’un de leur avion ne décollerait pas et qu’il allait falloir trouver une autre solution. La femme pleura. L’atmosphère était pesante. Arriva enfin son tour. Le monsieur lui confirma la validité de ses trois vols. Ouf ! Quel soulagement ! Mais elle préférait ne pas s’emballer tant qu’elle n’aurait pas eu ses cartes d’embarquement, et tant qu’elle n’aurait pas été dans son premier avion, puis son deuxième et enfin dans son dernier, puis sur le sol français. Elle pu finalement enregistrer son sac à dos immédiatement et récupérer ses boarding-pass.

Elle alla alors déjeuner dehors, afin de profiter de ses derniers moments d’air frais, avant d’être confinée pendant quarante-deux heures. Elle revint ensuite dans l’aéroport pour de ne pas prendre le risque d’être en retard. Au passage de douane, la policière la vit avec son masque et lui demanda si elle avait froid et de la toux. Il fallait respecter une distance de un mètre entre chaque personne. Beaucoup de voyageurs portaient un masque. Lorsque quelqu’un toussait, il était un peu dévisagé et craint. Il y avait de nombreuses solutions hydro-alcooliques dans l’aéroport néo-zélandais. La voyageuse n’hésita pas à demander à un monsieur de garder ses distances. Et puis c’était parti. Elle embarqua dans l’avion qui la conduirait jusqu’à Sydney ! Quel bonheur, qu’elle joie, cette impression de réussite ! Elle envoya tout de suite un selfie à Pierre et Bérénice qui voulaient suivre sa progression et être sûrs qu’elle arrive jusqu’au bout.

Elle leur devait bien cela car, sans eux, JAMAIS elle n’aurait réussi à quitter le pays, à « s’échapper » comme elle le ressentait. Si vous entendez, d’ici une quinzaine de jours, que le Finistère Sud est en rupture de stock de bières bretonnes, ne chercher par plus loin. Sa dette, envers Pierre et Bérénice, va être longue à payer 😉 Elle eu le droit à une glace et une barre de chocolat. Les australiens savaient réconforter les voyageurs. En atterrissant en Australie, le pilote était même blagueur : il leur annonça un « veni, vidi, vici », ce qui fit rire les usagers.

L’opéra de Sydney et le Pont Harbour vus du ciel

L’escale terminée, elle monta à bord de l’A380 de Emirates. Quelle beauté cet avion ! Quel gigantesque bolide, Roi des airs avec ses ailes immenses et ses deux étages ! Quatre-vingt huit rangées de sièges, jusqu’à parfois dix sièges dans la même rangée.

Et d’un confort incroyable… Le décollage et les turbulences ne se font pas sentir. Il semblait même qu’il y aient des salons à l’étage. Elle tenta sa chance de demander une visite, mais l’hôtesse lui répondit gentillement que ce serait avec plaisir la prochaine fois, quand elle prendrait un billet classe business ou première classe. On leur proposa un menu afin de faire leur choix. La nourriture était très bonne. Ici encore, des sucreries régalaient les voyageurs. Pour se projeter vers de belles futures aventures, l’amoureuse des jeux de société regarda le film « Alice in Wonderland ». Elle avait hâte au mois d’août, de retrouver les folles aventures des RCL 😉.

Cela lui boosta encore plus son moral, remontant en flèche heures après heures, éblouissements après découvertes. La nuit fût courte malgré les quatorze heures trente d’avion. Le lever du soleil était sublime vu d’ici, bandes de rouge, de orange, sur fond de ciel bleu clair, puis de ciel encore très foncé au-dessus.

Le transit à Dubaï fût long mais le confort d’un autre A380 attendit la backpackeuse à la fin de l’attente.

On aperçoit bien la Burj Khalifa de Dubaï, la plus haute tour du Monde avec ses huit cent soixante-quatre mètres

Enfin, le « underground » londonien transporta la jeune femme épuisée jusqu’à son hôtel, dans une chambre particulière, à deux cent mètres de l’Eurostar.

Réveil matinal pour être bien à l’heure et ne pas rater son transfert sur le sol français tant convoité ! Londres était sensé être en confinement mais n’en donnait pas l’impression…

La backpackeuse n’oublia pas sa mission de faire un selfie avec Boulzi dans chaque pays traversé 🙃

L’Eurostar était bien organisé : rappel de la distance de sécurité, distribution d’une attestation pour circuler sur le territoire français, demande de se placer côté fenêtre afin d’éviter une éventuelle contamination par les gens qui circuleraient dans les allées. Et enfin, victoire !, le tunnel sous la Manche lui rendit sa liberté d’avoir atteint la France. Paris était vide. Elle qui s’y revoyait quand elle y travaillait : l’effervescence du métropolitain remplacée par la grande politesse du chauffeur et la moitié du peu des usagers portant un masque, le silence de la rue alors qu’elle s’offrait une promenade sur le toit ensoleillé de la gare Montparnasse, bien sûr munie d’une attestation manuscrite pour laquelle elle avait créé une case « promenade lors du rapatriement » et les quelques joggueurs avec lesquels elle gardait ses distances. Un policier lui demanda si elle avait son autorisation, elle confirma et il ne vérifia pas. Et ensuite le train parti, aurevoir la Tour Eiffel, et bonjour la Bretagne. Une autre escale à Rennes, un autre train et après…Quimper. Enfin, après avoir utilisé trois avions, trois trains, deux métros, deux voitures, et ses chaussures, en soixante-quatre heures, elle retrouva sa famille, son chat et son lit… L’aventure était finie mais les souvenirs resteraient graver à jamais dans son esprit et dans son cœur.

Je​ pense à vous, vous qui m’avez soutenue, avant, pendant et après ma grande aventure, et je vous dis un grand Merci. Vous m’avez tous apporté un petit quelque chose, un coup de pouce qui m’a boostée, facilité les choses, réconfortée, encouragée, aiguillée. Vous avez cru en moi et cela m’a parfois aidée à croire à nouveau en mes capacités. À faire que l’impossible devienne possible. À repousser et parfois dépasser mes limites, des limites que je m’étais posées ou imposées. À aller de l’avant, vers l’avant et surtout à aller loin, lors de ces dix-huit semaines. Alors merci à toi Adèle, Adeline, Agnès, Alice, Alice, Alicia, Alizée, Amandine, Anaïs, Anne, Armelle, Audrey, Auriane, Aurore, Barbara, Bérénice, Brigitte, Camille, Carine, Caroline, Cécile, Christelle, Christian, Christine, Cian, Clément, Corinne, Cyrielle, Danièle, David, Denis, Édith, Édith, Émilie, Éva, Fabien, Fabien, Fabrice, Faby, Fanny, Florent, Florian, Florian, Floriane, Florence, Florence, Florence, Françoise, Gaëlle, Geneviève, Gwénaëlle, Hélène, Irène, Isaac, Isabelle, Jacques, Jacques, Jacques, Jazz, Jean-François, Jean-Hubert, Jean-Michel, Jeanne, Jean-Paul, Jean-Yves, Jérémy, Jessica, Jimmy, Julie, Julie, Justine, Laure, Laure, Laurence, Laurent, Laurie, Lise, Liz, Léa, M. & Mme Le Bot, Loïc, Maéna, Maïna, Manon, maman, mamie, Marc, Marc, Marie-Christine, Marie-Pierre, Marie, Marie, Marie, Marie, Marine, Martine, Martine, Maxence, Mélanie, Michèle, Mickaël, Mohamed, Nadège, Nathan, Nicolas, Nolan, Nolwenn, Nora, Olivier, Olivier, papa, papé, papy, Pascale, Pascale, Pauline, Philippe, Pierre, Rachel, René, Roberto, Sagar, Samia, Samuel, Sandra, Sara, Sidney, Simon, Soazig, Soizic, Stéphanie, Sylvain, Sylvie, Sylvie, Sylvie, Tiphaine, Tyfenn, Valérie, Vanessa, Vincent, weareontheroads, Xavier, Yann & Yves. Et merci à toi aussi qui a suivi mon blog sans forcément m’en parler 😊
Et je pense à et remercie chaleureusement toutes les personnes que j’ai croisées sur mon chemin – et celles qui allaient m’accueillir pour d’autres aventures – Shota, Zaza & Ibrahim, Irakli, Janette, Bimal & Unish, Léa & Ana, Rabin, Fanny, Kei, Sylvia, Danièle, Sagar et toute sa famille (Aama, Baba, Ballu, Ghanu, Meenu, Meera, Pooja, Prashuram, Rajkumari, Rakesh, Shyam), Amandine & Fabien, Nora, Gwendolyn, Koy, Nicolas, Diana & Federico, Somaline, Kandob, Yustika, Ketu, Richard, Thomas & Hugo, Nyoman & Made, Imakasu, Adi, Anne, Laurence & Pauline & Natacha, Tiffany, Frédéric, Vincent, Steve, Marco, Angela & Inia, Julie, Leonardo et tout ceux dont je ne connais pas le nom mais avec qui j’ai échangé, ne serait-ce qu’un regard bienveillant et un sourire.

Et surtout, merci à ma maman et ma petite sœur pour avoir pris soin de mon chat Jiminy pendant mon absence. Et, avant tout, MERCI à Bérénice car, sans toi, cette aventure n’aurait pas été possible, toi qui a planté la petite graine du départ, « tout plaquer et partir à l’autre bout du monde » et toi encore qui m’en a fait revenir, de ce bout du monde…

Maintenant,​ une quarantaine de quatorze jours m’attend, dans ma chambre d’enfant, chez mes parents.

On respecte les deux mètres réglementaires !

Je vais m’y astreindre car je risque fortement d’avoir été en contact avec le virus. Cela me permettra également de me reposer après ce parcours du combattant que je viens de vivre. Je dois aussi penser à mon avenir, le recteur de l’académie de Rennes attend ma demande de mutation cette semaine. Et je souhaite, au sortir de ce confinement, aller aider mes collègues infirmiers, je ne sais où encore, en m’inscrivant sur la réserve sanitaire ou en intérim selon les besoins.
Prenez soin de vous, où que vous soyez. Vivez votre vie à fond, comme si le dernier jour était aujourd’hui, et profitez de chaque instant, de chaque échange, de chaque vie qui vous entoure.

Voyageusement vôtre,
Je vous embrasse.

Gwendoline

Publié par Gwendoline

La vie s'écoule Telle une rivière Tantôt paisible Ou chahutée Faite de remous Nous éclabousse Impitoyable Semée d'obstacles Ou bien d'épreuves A vivre en jeux Pour s'éprouver Se découvrir Et puis en rire De joie de vivre De découvertes Et de rencontres A demi-mots Ou sincèrement A vivre à fond Au plus profond De tout notre être Et simplement ... vivre

4 commentaires sur « Retour du bout du Monde »

  1. Bravo pour ton voyage Gwendoline !
    Tu as prit le courage de te lancer dans l’aventure de ce tour du monde et je suis sûre que ça restera l’une des plus belles, voir la plus belle, aventure de ta vie.
    Découvrir, apprendre, grandir, évoluer, partager… j’espère que tu y as trouvé tout ce que tu recherchais.
    J’ai beaucoup aimé lire tes péripéties.
    Dommage que l’aventure ai prit fin prematurement mais ce n’est que partie remise pour de prochaines aventures.
    Prend soin de toi pendant le confinement.
    Bises, Adeline

    Aimé par 1 personne

    1. Merci Adeline pour ton beau retour 😀
      Effectivement, je me suis éclatée, et ce n’est que partie remise ! Ce demi-tour du Monde m’a mis l’eau à la bouche pour repartir, encore plus préparée 😉
      J’espère que tout va bien pour toi !
      Bisous

      J'aime

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