Il était une fois la jungle cambodgienne

C’est l’histoire de l’Histoire. L’Histoire de la culture khmère. L’Histoire d’un complexe religieux alliant les deux religions prépondérantes en Asie du Sud-Est. Entre la croyance hindouiste vouée à Brahma le créateur, Vishnu le conservateur et Shiva le destroyer, et la pensée bouddhique Mahayana. 
Les prémices de l’aube apparaissent et la magie s’opère. Comme dans un rêve. Il surgit, de face, surprend le regard encore groggy de sommeil. Elle se détache en ombre chinoise, cette Merveille, la huitième de ce Monde semble-t-il. Angkor Wat.

La journée s’annonce sublime, couverte de découvertes et de surprises, dans cette jungle tropicale du Tonlé Sap, près de Siem Reap, au Cambodge. Les oiseaux chantent, ils rythment le parcours de cette avancée dans la Capitale de l’empire Khmer, régnant sur l’Asie du Sud-Est du IXème au XVème siècle et regroupant des milliers de personnes.
Ce cortège surprend. Peut-être deux cent ou trois cent personnes. Du orange tout d’abord puis du blanc. Les hommes en premier et les femmes ensuite, tous à la suite les uns des autres en une grande procession. Tous ont le crâne rasé. Des moines, se rendant dans un temple.
Chacun son chemin.

Regardez au loin 😉

Preah Khan se dévoile, sous les premiers rayons de soleil de ce nouveau jour. Cette « Épée sacrée » édifiée sur les lieux de la bataille victorieuse contre les Chams. Instauré centre de diffusion de la culture khmère et université bouddhique, la nature y a actuellement repris ses droits et les fromagers géants y tiennent place. La chaleur emmagasinée la veille dans ses pierres y est toujours présente. Surprenant.

Preah Neak Pean se laisse désirer. Cette île artificielle boisée cache, en son centre, ses « serpents entrelacés ». C’est un ancien lieu sacrificiel pour les rites de purification. L’eau domine ici, et pour cause, les quatre bassins ont une signification. L’un, présidé par une tête d’éléphant, représente l’eau. Un autre porte une tête de lion pour le feu. Le suivant présente une tête de cheval pour le vent. Et le dernier propose une tête d’humain pour la terre.

Ta Som est une escale. Ce temple permet de rencontrer ce « sculpteur de cuir », un métier courant ici pour ravir certains touristes.

L’épopée continue avec Eastern Mebon ❤️ Gardé par des lions et des éléphants, il impose le respect. Ce grès rose et la latérite lui confèrent un aspect jovial.

Le Mont Meru, le centre du monde et la maison du dieu Devas pour les hindouistes, entraîne à gravir les hautes marches de Pre Rup. Cette base pyramidale, de trois étages, très élevée par rapport au sol, symbolise cette montagne. Elle présente, à son sommet, cinq édifices dédiés aux divinités. Cinq tours de lotus qui correspondent aux cinq sommets de la montagne.
Le coucher du soleil sera appréciable à cette hauteur.

Une pause s’impose, pour reprendre son souffle et de l’énergie, de tant de découvertes et de tous ces kilomètres. La piscine balnéaire privée pour le roi et ses invités est un bon spot. Place à l’imagination devant le lac Sras Srang ! La pêche y est autorisée, avec une grenouille en appât et du mouvement prodigué à la ligne pour attirer ces poissons plats.

La citadelle des chambres monastiques est belle. Ses petites tours, sa salle des danseuses, l’on s’y croirait presque. Les ruines de Bantheay Kdei ❤️❤️ ramènent tout de même à la réalité de notre temps. Elles ont cependant un côté artistique. Cet empilement de pierres qui semble branlant et pour lequel l’on se demande comment l’édifice tient encore debout.

Bat Chum ne vaut pas du tout le détour… sauf pour rajouter des kilomètres au compteur du vélo.

C’est tout, il n’y a rien d’autre à voir !

Les bas-reliefs de Prasat Kravan ❤️un tout petit temple mignon, sont ravissants.

Et l’aventure continue. Les portes s’ouvrent à nouveau pour dévoiler ses secrets. Angkor Wat ❤️❤️❤️ Édifié au XIIème siècle par le roi Suryavarman II. Des bas-reliefs et des gravures à foison. Chaque recoin est soigneusement décoré, parfois de sculptures de dieux, d’hommes ou d’animaux. Qui content l’histoire et la culture de ce peuple khmer et de ses divinités. Un temple initialement hindou, et dédié à Vishnu, devenu temple bouddhique.
Cette richesse culturelle, historique et naturelle, de ce plus grand monument religieux du monde entier, mérite bien sa huitième place de Merveille du Monde.

Boulzi est bien sûr de la partie

Avant de clore ce chapitre, il convient de saluer cet écureuil dont la maison offre une belle vue sur Angkor Wat…

Oui oui, il a bien un anneau blanc sur la queue et a posé pour ma photo, à ma demande 🙃

… et ce coucher de soleil, depuis Pre Rup, très rougeoyant, comme tous les soirs au Cambodge.

Une nouvelle page s’ouvre. L’on devine déjà les contours de ce chef-d’œuvre. Et le soleil l’illumine. La journée s’annonce belle.

Ce terrain de jeu est considéré comme un des plus beaux sites archéologiques du monde. Ta Prohm ❤️❤️❤️ le confirme. Laissé en l’état, sauvage, envahi, dominé par ces arbres centenaires Tetrameles nudiflora, grandioses et immenses, le spectacle est ravissant. Ce monastère du roi, ou Old Brahma, a été rendu célèbre par les films Indiana Jones et Tomb Raider. Mais pas pour sa nature de monastère et d’université bouddhiques…

L’aventure se poursuit sur une autre montagne Mont Meru. Ta Keo ❤️ impose par sa hauteur. Les marches sont grandes pour atteindre ce repère à chauve-souris qui pépillent, indifférentes aux nombreux visiteurs.

Puis d’autres portes s’ouvrent. Celles de la ville fortifiée d’Angkor Thom.

Ce village improvisé interpelle d’abord, appelle à le découvrir. Une cloche tinte. L’appel à la cérémonie peut-être. Les moines hommes en tenues oranges et les moines femmes en tenues blanches. La majorité marche pieds nus. La totalité a le crâne rasé. Du plus jeune enfant au plus âgé.
Des tentes sont installées. Parfois même juste une moustiquaire tendue au dessus du lit. D’autres préfèrent des hamacs dans les arbres. Difficile de comprendre à quoi correspond ce rassemblement lorsqu’il n’y a pas de langue commune. Alors, dès que l’opportunité se présente, les questions fusent. C’est un meeting. Pour une semaine les moines de différentes contrées se sont donner rendez-vous ici, pour des échanges et des méditations.

La parenthèse se ferme et le palais royal s’offre ici.
La terasse des éléphants ❤️ ce livre ouvert, cette fresque, cette magnificience artistique, qui renferme l’histoire des événements célèbres de la cité d’Angkor. Cette terrasse d’apparat royal livre une grande variété de sculptures et de bas-reliefs, images mystiques des éléphants, des lions et des Garudas – oiseau mythique. Érigée de façon à ce que le roi puisse assister tranquillement aux spectacles et parades des soldats et éléphants.

Y est annexée la terrasse du Roi lépreux, complexe étrange et étonnant de bas-reliefs de serpents et de Garudas. 

Derrière ces devantures se cache Phimeanakas, palais céleste et lieu de culte privé du Roi, aujourd’hui en rénovation.

La découverte se poursuit avec la Montagne d’or, le plus grand temple-montagne d’Angkor, Baphuon ❤️ Qui cache un trésor, sur sa face occidentale, un Bouddha couché. Les pierres ont été taillées d’une telle façon que le dessin est époustouflant, de part sa taille et son réalisme.

Comme la vie est magique et pleine de surprises, le hasard a fait que ces deux jeunes moines ont posé pour moi devant Bouddha, avant que je ne me rende compte de la structure du temple…

La dernière merveille de cette cité n’est autre que Bayon ❤️❤️ la montagne magique. Ce temple reflète à son tour le Mont Meru, le centre cosmique et symbolique de l’univers hindou, allié à l’art bouddhique mahayana. Il présente la vie quotidienne et passée des peuples angkoriens. Et surtout, ce labyrinthe propose à lui seul 216 visages de Bouddha, répartis dans tout le temple… Un délice !

Ce deuxième chapitre prend fin par une promenade pédestre vers Phnom Bakheng. Cet édifice ne présente rien d’autre qu’une vue. À trois cent soixante degrés pour couvrir l’horizon et pour se délecter une dernière fois des faleuses tours de lotus de Angkor Wat…

La poursuite de l’épopée oblige à changer de monture. Située à plus de vingt kilomètres au nord-est du site, la citadelle des femmes, ou de la fortune, est ravissante. Banteay Srey ❤️ temple plat aux pierres roses, est un carnet de dessins. Les détails y sont tous soignés et il peut même être qualifié de joyau de la couronne de la culture khmère. La mythologie brahmanique, entre autres, y est représentée en de très belles gravures, sculptures et bas-reliefs.

À plusieurs dizaines de kilomètres au sud, la première capitale de l’empire khmer, pré-angkorienne, regroupe quatre temples sous le nom de Roluos.
Lolei est en reconstruction et ne dévoile rien et Prei Monti est en ruines et n’a rien de remarquable.
Preah Kô, le taureau sacré, accueille avec des statues de Nandin. Elles représentent les montures de Shiva. Ce sanctuaire des funéraires royaux présente la complexité de l’architecture et des sculptures de la culture khmère.

Et pour finir, par le commencement, Bakong a été le premier temple de cette ère. Il a été construit par le Dieu-Roi Jayavarman II et symbolisait le Mont Meru. Il a ensuite servi de bibliothèque. 

À travers cette forêt et cette campagne, sous ces nombreux kilomètres et ces multiples arbres, l’aventure d’une Histoire s’achève. De toutes les couleurs par ces différents grès et la latérite, de toutes les tailles et aux formes impressionnantes, aux charmantes ruines empreintes d’histoire, un grand merci aux explorateurs français qui ont mis à jour ces bouts de cailloux chargés de sens. 

Mes conseils

Pour la découverte des temples d’Angkor, je vous conseille de les visiter dans l’ordre que je vous ai présenté (c’est celui qui est proposé par d’autres bloggueurs). Vous pourrez moduler à votre guise, selon les aléas, comme cela s’est passé pour moi. Lever du soleil sur Angkor Wat, porte ouest, et la grande boucle, avec un coucher du soleil sur Angkor Wat, pour ceux qui aiment la foule, ou à Pre Rup. Le lendemain, lever du soleil sur Angkor Wat, porte est, et petite boucle en sens inverse (pour éviter les groupes des tours operator). Ce qui m’a donné 55kms de vélo le premier jour et 33kms le second, en faisant des détours. C’est plat et goudronné entre les temples donc c’est entièrement faisable, chacun à son rythme. Sinon vous pouvez louer un tuktuk ou un scouter, mais c’est un peu plus cher.
Prévoyez une batterie externe, entre maps.me et l’utilisation de l’appareil photos, le portable, malgré une bonne batterie, se décharge rapidement !
Si vous prenez l’option vélo, n’oubliez pas votre lampe torche, pour vous éclairer et surtout être vus des autres, pour l’aller et au retour.
Pour les férus d’Histoire, un guide peut être intéressant. Sinon ayez des renseignements sur les temples car il n’y en a quasi pas à leurs abords.
Faites hyper attention aux singes ! Sous leurs airs mignons ils peuvent être féroces et vouloir vous sauter sur le dos pour piller votre sac ou, si vous faites l’erreur de sortir de la nourriture, vouloir vous mordre et vous griffer à tout prix pour vous le voler.
Enfin, visitez Angkor Wat avant la foule qui arrive à partir de 15h-15h30 (à midi il n’y a personne par exemple).

Enjoy !

Publié par Gwendoline

La vie s'écoule Telle une rivière Tantôt paisible Ou chahutée Faite de remous Nous éclabousse Impitoyable Semée d'obstacles Ou bien d'épreuves A vivre en jeux Pour s'éprouver Se découvrir Et puis en rire De joie de vivre De découvertes Et de rencontres A demi-mots Ou sincèrement A vivre à fond Au plus profond De tout notre être Et simplement ... vivre

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