Au pays des kiwis – Chapitre I

Ça y est, elle était en vacances. Le rythme allait changer, son mode de vie serait autre. Votre héroïne se préparait à découvrir l’île sud de la Nouvelle-Zélande, en trois petites semaines, en voiture. Elle n’avait pas loué de véhicule self-contained, certifiés autonomes, qui permettent de dormir n’importe où. Le prix était bien plus élevé. Et, parée de l’application « CamperMate », gérée par le DOC – Department of Conservation – elle se débrouillerait pour dormir dans les campings gratuits, ou aires de camping, ou le moins cher possible. C’était à respecter à la lettre afin d’éviter jusqu’à quatre cent dollars néo-zélandais d’amende, soit près de deux cent trente cinq euros. Cette jeune femme avait donc choisi un monospace et fait retirer les sièges arrières. Un des gérants de l’agence lui avait même prêté deux matelas et un oreiller, qu’elle avait complété avec une couette empruntée lors du workaway. Les nuits devraient être belles avec ce lit de princesse. Il ne lui restait plus qu’à aller à Family Store-Salvation Army, un magasin type Émmaüs, pour acheter le reste des affaires pour ses semaines de camping. Et pour trouver de quoi protéger les fenêtres du jour et surtout du froid car les nuits peuvent être très fraîches dans ce beau pays. L’idée lui était venue de passer à K-Mart acheter un réchaud à bas prix mais, faute de stock, elle devrait se débrouiller sans. Le jus de citron ou simplement de l’anticipation, en laissant tremper les féculents dans l’eau, feraient très bien l’affaire pour une bonne hygiène alimentaire. Une fois son cocon préparé, et son itinéraire réadapté par les experts néo-zélandais, Pierre et Bérénice, il ne lui restait qu’à partir à la découverte ! Et aux kilomètres… en utilisant l’appli’ « Gaspy » pour comparer les prix de l’essence.

L’ex-backpackeuse pris donc la route pour Akaroa, le village français. Doté de noms de rues écrits en français et de magasins « à la française », il y faisait beau et chaud dans cette petite ville. La randonnée vers le Mont « Purple Peak » lui offrit une vue magnifique sur l’entrée de la Banks Peninsula.

Entre des landes et la forêt, tantôt au milieu des vaches, des moutons et des oies, la vue était belle. Elle finit sa journée par une petite baignade dans le bras de mer, avec les oies sauvages, ce qui était bienvenu.

Le lendemain, elle s’offrit de se vêtir d’une robe, la première en trois mois, afin de ne pas avoir trop chaud sur la longue route menant au lac Tekapo. Route qui devint encore plus longue du fait du gentil clou qui s’était installé dans son pneu.

Fort heureusement, les gens du pays sont très aimables et un monsieur lui vint en aide rapidement. Les montagnes qui se dessinaient au loin l’encourageaient. Elle arriva donc à bon port et pu s’époustouffler et s’ébahir de ce sublime bleu turquoise qui caractérise le lac Tekapo.

Une petite balade en passant par le Mount John lui permis de s’imprégner de l’immensité du lieu. Le vent s’engouffrait dans ses cheveux et la décoiffait. Elle se sentait vivante. Les montagnes qui l’entouraient lui rappellaient sa place d’être-humain et la faisaient se sentir très petite, ici bas. Des sommets enneigés d’un côté et une palette de couleurs de l’autre. Ces dégradés de gris, mêlés aux différents rouges et oranges, qui définissent ces montagnes. Ce bleu turquoise du Lac Tekapo, du fait de l’eau des glaciers et de la roche, qui le remplissent. Ce jaune de cette végétation abondante, ce vert de ces arbustes, ce violet de ces fleurs, ces nuances de marrons de ces chemins. Un régal pour les yeux !

Que croquait Tiffany, cette française assise au bord de la route, dont la peinture à l’aquarelle l’a interpellée et l’a faite s’arrêter. Pour regarder et pour discuter.
Elles sont ensuite parti chacunes de leur côté pour se retrouver à dormir au free camp Lake Poaka.

Le troisième jour, votre voyageuse pris son temps pour se laisser croquer le portrait par Tiffany. Une expérience insolite, qui a permis à l’artiste de s’entraîner, car c’est ainsi qu’elle peut progresser.

Elles se sont ensuite séparées, chacune vers son aventure mais sûres de se revoir, en France ou ailleurs, un jour où l’autre.
Le Mont Cook, le plus haut sommet du pays, avec ses trois milles sept cent cinquante-quatre mètres, se laissait désirer sur cette longue route qui l’y conduisait. Elle en a donc profité pour se nourrir du paysage.

Arrivée à destination, le Hooker Valley Track lui a permis, en cinq kilomètres, d’arriver presque à ses pieds. Le Mont Cook lui a donné l’impression qu’il était vivant. Le vent qui en arrivait, le mouvement de cette eau glacée dans son lac, ces icebergs bleus turquoises de glaciers, montraient un tel élan. Et ça ravigorait !

Il était déjà temps de reprendre la route. Elephant Rock, qui peut être aperçu dans une scène du film « le Monde de Narnia », l’attendait. Ces rochers lui donnaient l’impression d’être comme tombés du ciel. Et ils sont cependant sortis de terre et se sont construits ainsi il y a des milliers d’années.
Et c’était également, à l’heure actuelle, un spot d’escalade, de bloc, et ces grimpeurs lui donnaient envie… Mais l’aventure était autre et elle n’avait pas de chaussons.

Elle repartit alors pour Oamaru. Et surtout pour sa plage où une colonie de pingouins aux yeux jaunes est établie. Il n’est pas aisé de les voir. Ils ne rentrent qu’à la nuit tombante, à la fin de leur pêche. Et il faut respecter cette plage. Les promeneurs sont donc obligé de ne pouvoir les apercevoir que d’en haut. Il faut avoir l’œil très aguerri. Et heureusement, l’entraide est de mise pour montrer ce petit « bâton » que forme ce pingouin solitaire, et prêter des jumelles. D’autres sont parfois plus chanceux de pouvoir voir un pingouin sortir de l’eau. Sinon, il est possible de se rattraper en observant les lions de mer.

Bon celui-là je crois que c’est un petit bleu…

Après cette belle et longue journée, il était l’heure d’aller se garer gratuitement au Warrington Domain, à quinze kilomètres au nord de Dunedin.

Le lendemain, c’est vers l’Otago Péninsula que notre aventurière avait décidé de se tourner. Elle passa brièvement par la ville de Dunedin, aux airs écossais.

Elle s’arrêta plus longuement dans la rue Baldwin Street, la rue la plus pentue du monde avec ses trente-cinq pour cent de dénivelé.

Puis elle pris la direction de Victory Beach. L’entrée de la péninsule était magnifique, ce bras de mer était beau entre ces collines verdoyantes. Et cet autre bras, qui forme presque un lac, au détour d’une colline, laissait sans voix. D’innombrables cygnes noirs au bec rouges le recouvrait.

C’était un délice que de longer un de ses côtés et de se délecter de ce spectacle. Une fois garé, c’était tout aussi délicieux de marcher sur ce chemin en contemplant les moutons et les lapins. Puis de pénétrer dans cette végétation luxuriante, de gravir the Small Pyramid et de contempler les environs, qui ont un air de « Jurassic Parc ».

Le chemin vers la plage n’était pas long et votre héroïne a été cueillie par le vent en y arrivant. Quel bonheur ! Une longue plage de sable blanc, fin, une mer houleuse qui n’invitait pas à la baignade mais qui rappelait des souvenirs, d’une mer similaire, à l’extrême opposé de la planète, celle de Tréguennec, dans le Finistère…

Et c’est sur ces pensées que ses pas guidèrent la marcheuse pour une autre destination.
Un​ ​peu plus au sud, une randonnée dans les champs de moutons, en direction de Harbour Cone, apaisa l’esprit de votre héroïne. La solitude qu’elle y ressenti la comblèrent. Loin du tumulte de la ville et des gens, seule à l’autre bout du monde, physiquement, et pourtant si entourée de ses amis et de sa famille qui la soutenaient dans cette aventures insolite. Le vent emportait ses mauvaises pensées loin d’elle et la laissait libre. Tel le vent.

Redescendant de ce point de vue magnifique, une dernière halte était prévue, ce jour-là. Tunnel Beach. La légende raconte qu’un riche fermier fit construire ces escaliers dans cette falaise afin que ces trois filles puissent accéder à cette
ravissante plage.

L’histoire ne dit pas si elles s’y baignaient, mais les vagues y sont impressionnantes et ont repoussées les envies de baignades de votre aventurière.

Un​ peu de route l’attendait encore et elle repartie, jusqu’au campsite de Tawanui, dans les Catlins. Celui-ci était payant mais ne disposait toujours pas de douche. Il fallait trouver d’autres moyens de se laver : les lacs, en nageant avec les canards, ou une bassine d’eau froide et un gant de toilette, des lingettes. Pour faire des économies, il faut faire des compromis… À la routs ! Et un filtre à eau est bienvenu car l’eau n’est pas toujours potable. Cet endroit encore était idéal pour se couper du monde : seulement deux autres véhicules, pas de réseau téléphonique ni internet. Seul le beuglement des vaches et le bellement des moutons, le soir venu, berçait la dormeuse, au milieu des collines et des prairies.

Au cinquième jour, votre héroïne n’avait plus qu’à se lever pour entamer une belle randonnée, aux kilomètres illimités, le long de la rivière Catlins. La forêt était omniprésente.

Quelque peu humide. Les fougères bordaient le chemin. La mousse recouvrait avec attention les arbres. Les champignons étaient de sortie, noirs, blancs, rouges. Le clapot de l’eau accompagnait chacun de ses pas. Ici, les oiseaux étaient curieux de la rencontrer, ils s’arrêtaient pour l’observer, elle les admirait et les immortalisa en photos.

Un Fantail – Piwakawaka en Maori

Cette araignée rigolote pris aussi la pose. Le lieu n’était que peu fréquenté, quel délice !
Et lorsqu’elle repris la route, elle trouva ce qu’elle souhaitait découvrir en Nouvelle-Zélande : des champs verts à perte de vue. Entrecoupés de petites collines. Des cours d’eau sinuant dans celui-ci.

Cet autre était rempli de moutons, paissant en toute quiétude, attendant la tonte pour leur fameuse laine mérino.

Cet autre champ encore comprenait un très grand troupeau de vaches. Et ces autres-là des daims ou des oies.
Votre aventurière passa la nuit au campsite Papatowai, à huit dollars la nuit, faute d’avoir trouvé un campement gratuit.

Au sixième jour, le réveil était matinal. Et pour cause, elle devait faire attention à la marée pour ses deux premières visites. Le vent l’accompagnait dans cette contrée septentrionale.
Catedral Caves est une grotte qui a été créée par le ressac. Certains jours permettent d’entendre l’écho des vagues. Les couleurs étaient étonnantes : beaucoup de nuances de mauve et de violet recouvraient les parois de la grotte. La plage était belle et l’accès serpentait entre les arbres. La journée s’annonçait belle !

Votre héroïne parti ensuite vers Curio Bay. Elle y découvrit ce curieux site géologique : une ancienne forêt pétrifiée, de cent soixante-dix millions d’années, actuellement lavée par les vagues. Un endroit étonnant !

Et qui l’ai devenu encore plus lorsque d’autres promeneurs lui ont montré ce pingouin aux yeux jaunes, le plus rare pingouin du monde. Soixante-cinq centimètres et cinq kilogrammes le caractérisent, ce qui en fait le quatrième plus grand pingouin.

L’aventure continuait ensuite vers le Slope Point, le point le plus au sud de l’île Sud de la Nouvelle-Zélande. L’Équateur se trouve ici à cinq milles cent quarante kilomètres et le Pôle Sud à quatre milles huit cent trois kilomètres de l’autre côté. Toujours est-il qu’ici encore, ça souffle fort !

L’heure était ensuite à une randonnée. Cinq kilomètres, aller-retour, pour aller admirer deux ravissantes petites cascades à Waipohatu.

La jeune femme était ravie de se promener une fois de plus dans une forêt luxuriante au son de rares oiseaux et du clapotis de l’eau. Le lieu était très calme.
Forte de cette belle journée, ensoleillée et venteuse, des kilomètres devaient être encore parcourus avant la fin de la journée. Mais l’appel de l’océan fût plus fort que la volonté de votre aventurière. Elle s’arrêta prendre un bon bol d’air au point de vue du Cliff, afin d’admirer la beauté de l’océan, et s’y plongea prudemment avec délice. La fraîcheur de l’océan Austral ressemblait à celle de l’océan Atlantique mais l’eau lui paru moins salée.

Ravigorée, votre conductrice reparti vers Invercargill, à l’architecture insolite, puis elle alla passer la nuit au Thornbury Bridge Picnic Area.

Riche de ces belles découvertes, de ces paysages variés et époustouflants, de ces lieux revigorants, aérés et naturels, votre backpackeuse continue ses aventures et son périple. Elle rêve, réalise ses rêves et les vis, et elle espère vous faire voyager à travers elle, un peu comme si vous y étiez vraiment, pas seulement dans ses pensées ou dans son cœur.

Publié par Gwendoline

La vie s'écoule Telle une rivière Tantôt paisible Ou chahutée Faite de remous Nous éclabousse Impitoyable Semée d'obstacles Ou bien d'épreuves A vivre en jeux Pour s'éprouver Se découvrir Et puis en rire De joie de vivre De découvertes Et de rencontres A demi-mots Ou sincèrement A vivre à fond Au plus profond De tout notre être Et simplement ... vivre

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